Les risques pour un garant et les précautions à prendre

Devenir garant n’est pas qu’une formalité réconfortante ou un coup de pouce amical. Derrière ce geste, il y a des risques financiers bien réels. En s’engageant à régler le loyer ou les dettes d’un proche en cas de défaillance, le garant met en jeu sa propre sécurité économique. Très vite, cela peut aller d’un simple retard de paiement à des procédures devant les tribunaux, voire une saisie sur salaire.

Avant de signer, il faut mesurer la portée de l’engagement. Prendre le temps de comprendre ce que cela implique, anticiper les scénarios et s’informer sur le cadre légal, c’est la meilleure façon de se préserver et d’éviter les déconvenues.

Les obligations légales du garant

Endosser le rôle de garant, c’est accepter des contraintes juridiques précises. En France, plusieurs textes encadrent cet engagement : la loi Alur, la loi Élan, le Code de la consommation ou encore la loi du 6 juillet 1989. Toutes ces lois visent à protéger non seulement le locataire et le bailleur, mais aussi le garant lui-même.

L’acte de cautionnement

Le garant formalise son engagement avec un acte de cautionnement. Ce document, qui peut être signé sous seing privé ou devant notaire, doit comporter des éléments incontournables :

  • Le montant du loyer et des charges concernées
  • La durée de l’engagement, qui peut être à durée fixe ou sans limite précise
  • Une mention manuscrite du garant, indiquant le montant de l’engagement en chiffres et en lettres

Les limitations légales

Depuis le 26 mars 2014, la loi Alur a mis fin au double cautionnement, sauf cas particuliers. La loi Élan de 2018 a, de son côté, modifié les règles pour faciliter les démarches, notamment pour les propriétaires et locataires. Le Code de la consommation insiste sur le fait que le patrimoine du garant doit rester cohérent avec la somme garantie, pour limiter les excès. Quant à la loi du 6 juillet 1989, elle encadre strictement la procédure de mise en jeu de la caution.

Les types de caution

Il existe différentes formes de cautionnement. Voici les principales distinctions à connaître :

  • Caution simple : le garant n’intervient qu’une fois tous les recours contre le locataire épuisés
  • Caution solidaire : le bailleur peut solliciter le garant dès le premier impayé, sans attendre de poursuites contre le locataire
  • Garantie Visale : une solution gratuite proposée par Action Logement, principalement pour les jeunes actifs ou salariés en situation précaire

Choisir la forme de caution adaptée à la situation permet de limiter les mauvaises surprises et de mieux anticiper les conséquences.

Les risques financiers et juridiques

Être garant, c’est exposer son propre budget. En cas de loyers ou charges impayés, le propriétaire peut se retourner directement contre le garant pour récupérer les sommes dues. Parfois, cela inclut aussi le dépôt de garantie si le locataire ne le restitue pas. En quelques mois, la facture peut grimper sans prévenir.

Les types de risques

Pour mieux cerner les dangers, voici les principaux risques encourus :

  • Impôts fonciers : certains contrats de cautionnement intègrent des charges supplémentaires, dont le garant peut hériter
  • Charges locatives : si le locataire ne règle pas ses charges, le garant devra les assumer
  • Dettes locatives : au-delà du simple loyer, le garant peut être tenu responsable des réparations ou travaux de remise en état

Le volet juridique n’est pas à négliger. Un acte de cautionnement mal rédigé, ou qui ne respecte pas les exigences légales, ouvre la porte aux litiges. Il faut scruter chaque mention obligatoire, vérifier la conformité du document, et veiller à ce que la signature soit irréprochable. Dans un conflit, c’est souvent au garant de prouver la légalité de son engagement.

Les recours possibles

Si la situation financière du garant devient compliquée, il existe plusieurs alternatives à envisager :

  • Garantie Visale : Action Logement propose une caution gratuite pour les profils jeunes ou précaires, ce qui limite le risque pour le garant
  • Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) : ce dispositif peut prendre en charge certains impayés
  • Assurance loyers impayés : souscrite par le propriétaire, elle offre une protection supplémentaire et limite le recours au garant

Ces solutions permettent de réduire la pression sur les épaules du garant et d’éviter de se retrouver dans une impasse financière.

Les démarches et documents nécessaires

Les obligations légales du garant

La loi impose au garant de fournir une série de justificatifs, comme le prévoit le décret du 5 novembre 2015. On demandera notamment une pièce d’identité, un justificatif de domicile, un justificatif de situation professionnelle et un justificatif de ressources. Le propriétaire ne peut pas exiger de documents supplémentaires hors de ce cadre réglementaire.

Les documents à fournir

Voici les pièces à préparer pour constituer un dossier complet :

  • Pièce d’identité : carte d’identité, passeport, ou titre de séjour
  • Justificatif de domicile : facture d’énergie, de téléphone fixe, ou attestation d’assurance habitation
  • Justificatif de situation professionnelle : contrat de travail, attestation de l’employeur, ou carte d’étudiant si besoin
  • Justificatif de ressources : bulletins de salaire, avis d’imposition, ou attestations de pensions, allocations ou rentes

La rédaction de l’acte de cautionnement

Le document doit être rédigé avec soin. Il doit indiquer très clairement les obligations du garant : montant du loyer et des charges, durée de l’engagement, modalités de résiliation. Une mention manuscrite précise, exigée par la loi du 6 juillet 1989, doit également être inscrite par le garant lui-même.

Les règles à respecter

Le Code de la consommation exige que le patrimoine du garant soit adapté à l’ampleur de l’engagement. La loi Alur interdit le double cautionnement, sauf rares exceptions. Depuis 2018, la loi Élan a facilité l’accès à la Garantie Visale pour certains locataires. Mieux vaut se renseigner sur les règles en vigueur avant de signer.

garant immobilier

Comment prévenir les risques en tant que garant

Évaluer la solvabilité du locataire

Avant de s’engager, il faut examiner sérieusement la solvabilité du locataire. Demander des justificatifs de revenus, consulter les avis d’imposition, jeter un œil à l’historique de paiement : cette analyse permet de détecter les signaux faibles et d’éviter les impayés à répétition.

Privilégier les garanties complémentaires

Des solutions existent pour sécuriser la démarche. La Garantie Visale, proposée par Action Logement, offre un filet de sécurité aux locataires éligibles. Le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) peut aussi représenter une aide précieuse. Ces dispositifs allègent la responsabilité du garant en cas de problème.

Rédiger un acte de cautionnement précis

Un acte de cautionnement limpide, détaillant sans ambiguïté les obligations, montants garantis, durée et conditions de résiliation, limite le risque de zones grises. Mieux vaut investir du temps dans la rédaction que subir les conséquences d’un document flou.

Utiliser des assurances spécialisées

Souscrire une assurance loyers impayés permet de se protéger contre les défauts de paiement. En cas d’incident, l’assurance prend le relais et couvre aussi bien les loyers que les éventuels frais de contentieux. Une précaution qui limite sérieusement l’impact financier pour le garant.

Se renseigner sur les dispositifs légaux

Avant de signer, il reste indispensable de se pencher sur les lois et décrets en vigueur, comme le décret du 28 décembre 2009 qui précise les organismes habilités à accorder une caution gratuite. Mieux on connaît le cadre juridique, plus on avance sereinement.

Devenir garant, c’est accepter de porter un risque, mais ce risque peut être encadré et anticipé. S’informer, préparer les bons documents, choisir les solutions adaptées : tout cela permet d’aider un proche sans sacrifier sa propre tranquillité. On n’offre pas sa signature à la légère, elle engage, et parfois bien au-delà de ce qu’on imagine.

Les plus plébiscités

4 Min Read Actu

Comment fonctionne le 1 % logement ?

Créé en 1943, le 1 % logement représente un dispositif d’aide au logement pour favoriser l'emploi.

3 Min Read Assurance

Qui fait une assurance de prêt immobilier ?

L’assurance prêt-immobilier est une offre qui vous protège ainsi que votre famille au cas où vous